Maître Moy, lors d’un grand atelier, a demandé aux participants qui, selon eux, avait le meilleur tai chi. À la surprise de tous, il a pointé un homme âgé qui venait juste de commencer le tai chi et a dit :
« C’est lui qui a le meilleur tai chi, parce que c’est lui qui retire le plus de bienfaits pour sa santé. »
Cette petite histoire illustre un aspect important mais parfois sous-estimé de l’enseignement de maître Moy : ce n’est pas le nombre d’années de pratique, ni les connaissances qu’on pense avoir, ni ce qu’on peut se faire dire sur cet art qui compte. Ce qui importe vraiment, c’est ce qu’on gagne pour sa propre santé grâce à la pratique du tai chi! Cet art nous permet d’améliorer notre qualité de vie et de diminuer nos souffrances, puis de redonner aux autres.
Dans le contexte de cette perspective sur l’enseignement de maître Moy, j’aimerais vous offrir quelques suggestions qui pourraient vous aider à améliorer votre santé par la pratique du tai chi.
DÉVELOPPER SA CAPACITÉ À RESSENTIR LE TAI CHI

On entend souvent dire que maître Moy demandait sans cesse à ses étudiants, après les avoir aidés, « comment te sens-tu? ». Peut-être y avait-il plusieurs objectifs derrière cette question. Pour ma part, je crois qu’il voulait nous montrer entre autres que c’est notre ressenti qui nous indique notre état de santé, qui nous montre ce sur quoi il nous faut travailler et qui nous permet de savoir, au fil de notre pratique, si notre tai chi améliore véritablement notre santé. Bref, l’enseignant, c’est ce qu’on ressent! C’est pourquoi il nous faut tenter de sentir, consciemment, le plus de choses possibles chaque fois que nous pratiquons. Vous serez étonnés de voir combien vous approfondirez ainsi votre compréhension des mouvements et profiterez de leurs bienfaits inhérents pour la santé.
PRATIQUER ASSIDÛMENT
Maître Moy donnait une classe tous les matins, sans exception. Il donnait aussi des classes en soirée plusieurs fois par semaine et organisait régulièrement des ateliers, auxquels il encourageait tout le monde à participer. Une pratique assidue fait partie intégrante de l’apprentissage; le travail se fait alors en profondeur, directement au niveau physiologique et anatomique. Pour transformer les os, les organes internes et les tissus mous, favoriser la circulation et améliorer son équilibre par exemple, il faut consacrer du temps et du cœur à sa pratique. Personnellement, je me réserve chaque jour un petit moment pour ma pratique personnelle, où je fais des jongs, des dan yus et des tor yus. Cette routine simple s’avère pour moi très efficace, et c’est un moment que j’attends chaque jour avec impatience. J’ai le sentiment d’investir dans ma santé, et j’apprécie ce moment spécial avec moi-même pour cultiver les arts enseignés par maître Moy.
LES PRINCIPES DE SANTÉ DERRIÈRE LE TAI CHI
Maître Moy était toujours en train d’enseigner. Il essayait de faire voir, goûter et comprendre à ses étudiants, par leur propre pratique, les principes et forces intemporels du tai chi qui agissent sur notre santé. Il voulait que chacun de nous en vienne à devenir son propre enseignant, puis aide les autres à faire de même. Par exemple, il parlait souvent, et faisait la démonstration à travers ses étudiants, d’une foule de concepts : l’équilibre, la détente, le synchronisme, l’alignement, la spirale, être debout, l’assise, l’attention, l’étirement, créer de l’espace, l’humilité, la gratitude, la compassion, et bien d’autres choses. Parfois, il nous corrigeait individuellement pour que nous sentions et expérimentions ces concepts, et nous demandait ensuite de dire ce que nous venions d’apprendre pour que les autres puissent en bénéficier. Aujourd’hui, ces concepts et ces forces nous aident à nous centrer dans notre pratique. Il s’agit d’être attentif pour les sentir agir et comprendre profondément les bienfaits que nous apportent ces arts bien spéciaux pour notre santé. Lors de nos séances hebdomadaires sur Zoom, à friendsoftaichi.org, nous pratiquons et partageons comme maître Moy nous a montré à le faire, pour que nous puissions nous aider les uns les autres. Nous apprenons ensemble et améliorons notre santé ensemble.
J’espère que vous tous qui lisez cet article avez la possibilité de poursuivre votre apprentissage des arts de maître Moy, de la manière qui vous convient le mieux, quelle qu’elle soit, et que vous continuez de cheminer dans cet enseignement intemporel en tentant toujours d’améliorer votre santé. J’espère que ces quelques suggestions vous seront utiles, ne serait-ce qu’un tout petit peu.
Merci, et bonne pratique!!
Traduction par Jordi Awarita et Cathy Filion

Thank you for this….
Thanks , Joe. Very good reminder and beautifully written.
Very nicely said. Master Moy often said « Five minutes a day is better than two hours once a week. He also adjusted instruction to the needs of a student and had them explain to the group how it felt, then had us practice the same skill and reflect on our own discovery. Each person’s body and level of development is unique. We can never share « our own » Tai Chi, we can help each other on the life-long journey that is the practice of the art–just as Master Moy did for us.
Thank you so much Joe for this article that brings us closer to Master Moy, at least for those of us who didn’t have the chance to meet him. Truly inspiring.
I love this! When I was first learning TaiChi, I was told to do the moves exactly the way I was being taught regardless of how it felt to me. I am now teaching and I’m always asking students how the move or moves feel to them. As a fitness coach, I am aware that every(body) is different with different limitations. Therefore, I always teach modifications when needed to make the moves “feel” just right!