Thèmes sur les bienfaits du tai-chi pour la santé : l’alignement, l’équilibre, le renouvellement cellulaire et le vieillissement sain

De plus en plus de données viennent mettre en lumière le rôle du tai chi dans l’équilibre systémique global. Le tai chi favorise notamment le renouvellement et la guérison cellulaires, en particulier dans le contexte d’un vieillissement sain.

Dans le cadre d’une récente étude (mai 2025) menée à l’Université Stanford aux États-Unis1, des chercheurs ont présenté une revue exhaustive de plus de 200 études sur le tai chi, cherchant à comprendre les retombées de cet art interne sur la santé cellulaire et le vieillissement. Ils ont conclu que de ce nombre, 69 atteignaient les normes rigoureuses à respecter pour assurer la validité des résultats.

Selon cette analyse, la guérison du corps induite par le tai chi passerait principalement par trois éléments physiologiques : le fascia, la circulation et la réponse au stress.

Commençons par le fascia.

Le fascia est un système mécanique de tissus conjonctifs qui enveloppe et unifie les os, les muscles, les organes, les vaisseaux sanguins et les nerfs. Il contient des cellules appelées fibroblastes. Les fibroblastes sécrètent du nouveau collagène pour réparer les tissus en cas de dommage et produisent des cellules immunitaires lorsqu’il y a de l’inflammation.

Comment le tai chi active-t-il le fascia?

Le fascia répond à certains types de stimuli mécaniques. Cela s’appelle la mécanotransduction fasciale : lorsqu’une force mécanique est appliquée au fascia, celui-ci la capte et la transmet par ses tissus. Les mouvements lents, alignés et multidirectionnels du tai chi produisent exactement le type de stimuli auquel le fascia répond.

Les mouvements du tai chi, lorsqu’ils exigent un alignement externe du corps, entraînent une réponse du fascia, qui se réaligne à l’intérieur tout autour des os, des muscles et des organes. Il en résulte une égalisation des forces circulant dans les tissus internes, qui permet d’éviter les charges excessives à un endroit ou un autre dans le corps. Un « effet d’équilibre » se crée alors partout dans les tissus fasciaux, et cela active les fibroblastes, qui commencent à libérer du collagène pour faire les réparations cellulaires nécessaires.

Ce processus de guérison contribue à prévenir l’épaississement des tissus, les adhérences multiples et les cicatrices. Dans la région abdominale, l’ouverture du fascia crée de l’espace autour des organes, qui peuvent alors plus facilement recevoir les nutriments dont ils ont besoin pour se renouveler et se réparer. Cela est particulièrement important lorsqu’une blessure ou une maladie a causé des dommages dans l’organisme.

La stimulation du fascia par le tai chi agit aussi sur les cellules immunitaires. Lorsque la tension dans le fascia est modulée par l’action du tai chi, les fibroblastes produisent également plus de cellules immunitaires dans le système. Des données de plus en plus nombreuses révèlent que les personnes qui pratiquent le tai chi depuis plus d’un an ont une meilleure capacité à équilibrer leur réponse immunitaire globale. Cela signifie que les diverses cellules du système immunitaire travaillent ensemble de manière plus uniforme. Nous savons tous la souffrance que peut apporter une inflammation excessive à la suite d’une maladie ou d’une blessure. Lorsque nous faisons du tai chi, nous limitons les effets adverses de la réponse inflammatoire, ce qui accélère la guérison.

Et il y a plus! Grâce aux propriocepteurs, les tissus fasciaux peuvent capter la direction des mouvements. Lorsqu’on pratique le tai chi, on écoute de bien des façons notre fascia nous parler, ce qui nous aide à bien aligner nos mouvements et à corriger notre posture, et donc à égaliser la distribution de la charge. On peut alors faire les ajustements nécessaires pour garder un bon alignement. Cette communication bidirectionnelle entre le fascia et la posture crée encore plus d’étirement et d’ouverture à l’intérieur, ce qui facilite l’intégration des nutriments nécessaires dans le flux sanguin.

Parlons maintenant brièvement des répercussions du tai chi sur la circulation dans l’organisme. Nous savons déjà que la pratique du tai chi améliore la circulation sanguine. Lorsqu’on fait un mouvement, ou tout de suite après, on peut sentir de la chaleur et peut-être aussi d’agréables picotements. Mais qu’est-ce qui se passe dans le sang quand on fait du tai chi?

Des études récentes et prometteuses ont révélé que les personnes qui pratiquent le tai chi depuis longtemps (comparativement à des groupes de sujets ne pratiquant pas le tai chi) ont un nombre significativement plus élevé d’un certain type de cellules souches appelées CD34+2. Les cellules souches sont des cellules non différenciées qui peuvent se renouveler par elles-mêmes et se spécialiser selon les besoins dans l’organisme. On les trouve par exemple dans la moelle osseuse (majoritairement), le sang, le cœur, les nerfs, le cerveau, l’intestin et les muscles. Ces cellules sont stockées dans le corps, prêtes à remplacer les cellules endommagées ou devenues vieilles et à participer à leur régénération. Des scientifiques ont même postulé que par cette activité accrue des cellules souches, le tai chi pourrait faire croître la longueur des télomères. Les télomères protègent l’extrémité des chromosomes (qui tiennent l’ADN ensemble) et contribuent à ralentir le processus de vieillissement dans son ensemble.

En dernier lieu, quelques mots sur l’aspect relaxation et pleine conscience du tai chi. Nous avons déjà dit que le tai chi aide à réguler la réponse du corps au stress en activant le nerf vague3.

Mais quel est le lien entre la réponse au stress et la guérison cellulaire?

Il y a ce qu’on appelle l’axe HHS (hypothalamo-hypophyso-surrénalien), qui prend sa source à la base du cerveau, l’hypothalamus, poursuit son chemin par la glande pinéale et se termine aux glandes surrénales des reins. Lorsqu’on subit un stress, le cerveau libère des hormones qui se transforment ultimement en cortisol, la principale hormone du stress. Or, un niveau de cortisol constamment élevé dans le sang peut entraîner de l’anxiété et de la dépression, sans parler de l’inflammation systémique, qui peut réduire la capacité d’autoguérison de l’organisme.

C’est là que le tai chi entre en jeu. Lorsque le nerf vague est régulièrement activé par la pratique du tai chi, l’axe HHS est « court-circuité », ce qui entraîne une réduction importante du cortisol libéré en réponse au stress. L’influence capitale du tai chi sur l’axe HHS se traduit par une sensation accrue de calme, de détente et de bien-être. Et parce que le taux de cortisol et l’inflammation diminuent, la guérison s’accélère.

Comme toujours, nous n’avons que de la gratitude pour maître Moy, qui nous a transmis l’art du tai chi. Pour prendre la pleine mesure de ce cadeau d’une immense richesse, il suffit de voir tout ce que le tai chi fait pour notre santé et notre guérison, quel que soit notre âge.

Copyright ©️ 2025 Lila Zitouni

Traduction par Jordi Awarita et Cathy Filion

  1. Tai Chi and Its Impact on Immune Mechanisms: A Comprehensive Review ↩︎
  2. nnovative Mind-Body Intervention Day Easy Exercise Increases Peripheral Blood CD34+ Cells in Adults – PubMed ↩︎
  3. Thèmes sur les bienfaits du Tai Chi pour la santé : Le nerf vague et le système parasympathique, les gardiens de notre état interne ↩︎

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