Comme on le sait tous, les fonctions cérébrales déclinent souvent avec l’âge : la mémoire, la cognition, la capacité de raisonnement, l’imagination, la conscience spatiale et l’équilibre, lorsqu’ils périclitent, peuvent non seulement entraîner une perte d’autonomie, mais aussi réduire notre qualité de vie. Ce sont là des conséquences qui touchent également la famille de la personne affectée, sans oublier le fardeau économique que ces problèmes de santé font peser sur toute la société.
Qu’est-ce que la recherche nous dit sur les effets du tai chi sur le cerveau?
Une étude pionnière menée en Chine sur la « restructuration » du cerveau chez les personnes qui pratiquent le tai chi depuis plusieurs années (au moins 14 ans) a mis au jour des données inédites. Grâce à l’IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle), un épaississement des tissus cérébraux dans des zones importantes a été constaté chez les sujets pendant qu’ils faisaient des mouvements de tai chi, comparativement au groupe témoin ne pratiquant pas le tai chi.

Jetons un œil au diagramme : parmi les zones qui prenaient de l’expansion, mentionnons le lobe frontal, responsable de la planification motrice complexe. Ces changements ont pu être attribués à des mouvements de tai chi impliquant des transferts de poids multiples et fréquents d’un côté à l’autre, une rotation régulière de la colonne vertébrale et des mouvements des bras asymétriques en diagonale. Il y a lieu de croire que cette amélioration des capacités motrices pourrait contribuer à l’importante réduction des chutes observée chez les personnes qui pratiquent le tai chi.
D’autres effets ont été notés dans les parties du lobe frontal associées au comportement, qui assurent l’intégration des émotions et de la cognition. Lorsque nous faisons du tai chi, nous apprenons à rester centrés et attentifs, à ne pas nous laisser distraire par nos pensées. Avec le temps, cet aspect inhérent à notre pratique améliore la capacité du cerveau à gérer nos comportements lorsque survient un stress.
Cette « restructuration » a aussi été observée dans les lobes occipital et temporal, responsables de la navigation spatiale, ce qui explique pourquoi les personnes qui pratiquent le tai chi ont un excellent sens du positionnement. Et enfin, l’insula, qui joue un rôle central dans le traitement des émotions (on ne le voit pas sur le diagramme, car il se situe au centre entre les lobes), augmentait aussi de taille : le simple fait de s’arrêter pendant les mouvements et de se demander comment on se sent faciliterait l’activation de ces neurones, qui améliorent la fonction émotionnelle du cerveau. Ces bienfaits nous rendent plus aptes à réguler nos émotions au quotidien, qu’elles soient positives ou négatives. Certains de ces changements cérébraux ont déjà été constatés aussi chez les médiateurs de longue date.
Qu’en est-il de ceux et celles qui pratiquent le tai chi depuis moins longtemps?
Une étude plus récente réalisée au moyen d’une technologie plus avancée (spectrométrie infrarouge fonctionnelle) a donné lieu à des constats semblables pour les personnes qui font du tai chi depuis moins longtemps (cinq ans ou plus). Grâce à cette technologie, les chercheurs ont pu mesurer le niveau d’oxygène dans le sang dans différentes zones du cerveau pendant que les sujets faisaient des mouvements, en vue de comparer le groupe pratiquant le tai chi aux groupes témoin qui faisaient d’autres types d’exercices. Les résultats étaient fascinants! Les sujets du groupe de tai chi avaient une meilleure microcirculation, un meilleur métabolisme cellulaire et une meilleure connectivité neuronale (élasticité) dans plusieurs zones moteur et d’autres parties essentielles du cerveau parmi celles mentionnées plus haut.
Qu’est-ce que tout cela implique concernant le tai chi?
Étant donné le vieillissement de la population et le taux élevé de sédentarisme sur tous les continents, il vaut la peine d’explorer la multitude de bienfaits pour la santé que le tai chi nous apporte. Le tai chi ne s’accompagne pas des obstacles habituels. Par exemple, nul besoin de s’inscrire à un centre de conditionnement physique, et pas d’équipement coûteux à acheter. De plus, on peut pratiquer seul ou en groupe. Et comme le tai chi est un exercice si doux, on a moins peur de se blesser. Enfin, comme la recherche le montre maintenant, le tai chi est bon pour ce merveilleux et précieux organe, le cerveau. Merci, maître Moy, de nous avoir fait cadeau du tai chi!
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3621760/
https://www.nature.com/articles/s41598-019-49401-9?utm_source=perplexity
Copyright ©️ 2024 Lila Zitouni
Traduction par Jordi Awarita et Cathy Filion

Thanks Lila, interesting & motivational information that sparks a bit of
advancement/understanding of « how we feel » leaving us wanting to understand/feel a bit more. Much appreciated.
Very interesting! Thank you, Lila.
Merci beaucoup Lila pour cet article vraiment très intéressant, ainsi que tous les autres. Quelle richesse intérieure la pratique du Tai-Chi! Toute ma gratitude à Maître Moy Lin-Shin.
Thanks for this encouraging post! And great that you have provided the links to the research articles that support this info!
Great articles and research It would be good to do research on the different moves and their helping different organs. I think brush knees are good for the lungs snd needle to sea bottom for improvement kidney functions
Excellent article Lila!
How encouraging!! Thank you, Lila for this fascinating article.